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lundi 18 avril 2011

Madame Wenham

 Madame Wenham
Le maître de l’horreur québécois, Patrick Sénécal,  récidive avec un deuxième roman jeunesse, intitulé Madame Wenham, sorti le 26 août dernier et en poltronne que je suis, j’ai préféré partager ma lecture avec un public cible de 6ième année (10 et 11 ans) plutôt que de me laisser défaillir seule dans mon salon!
Comme aucun de mes auditeurs n’avaient lu le premier roman Sept comme Setteur, paru en septembre 2007,  j’ ai préalablement fait le résumé succinct des premières aventures de Rom et Nat, les deux jeunes héros qui avaient réussi à déjouer les plans du Bonhomme Sept-Heures et de ses acolytes le Lapin de Pâques et la Fée des dents. En fait, je leur en ai raconté juste assez pour qu’ils aient l’eau à la bouche…

C’est ainsi que nous rentrâmes mes amis et moi dans l’univers horrifique sénécalais pour n’en ressortir que 3 heures plus tard ( en deux fois tout de même!), somme toute engourdis par cette longue écoute plus qu’attentive, mais aussi plus qu’enchantés par notre expérience mutuelle.

Il faut dire que les personnages de Patrick Sénécal sont tellement bien construits que ce fut un réel bonheur de les interpréter devant mon jeune public, surtout celui de Madame Wenham à qui j’ai prêté une voix caverneuse teintée d’un petit restant d’accent allemand qui en a amusé (ou effrayé!) plus d’un.  Cette enseignante remplaçante est totalement savoureuse dans son rôle de dictatrice de la perfection. Aucune erreur n’est acceptable dans le monde abject de cet infâme personnage et bien sûr tout l’innommable peut survenir…

Mais il n’y a pas que de l’horreur dans ce roman, en trame de fond on visite plusieurs thèmes comme le lien fraternel, la modestie, l’entraide, le droit à l’erreur, la compassion, le courage. Et quand je dis horreur, je ne compare en rien les romans pour adultes de l’auteur à ceux qu’il aura écrits pour ses deux enfants Romy et Nathan! Il n’y a rien dans ces deux romans qui pourrait empêcher un enfant de dormir le soir, mais il y en a suffisamment pour les intriguer et les faire sursauter de temps à autres! « Quand on l’entend, ça fait pas trop peur, mais c’est sûr que dans la vraie vie, si ça arrivait, on capoterait!» commente une de mes auditrices.
La collection Gazoline des Éditions de la Bagnole, dans laquelle ce roman s’inscrit, offre des lectures très variées (épouvante, conte, policier, historique) et trois niveaux de lecture sont proposés: initiation au roman, lecteur expérimenté et lecteur audacieux. Madame Wenham est classé dans initiation au roman. Et l’ex-professeur que je suis a particulièrement apprécié les annotations de bas de pages pour les mots plus complexes ainsi que les dossiers Gazoline qui accompagnent toujours les romans, faisant de ces derniers des outils pédagogiques pertinents et plus qu’intéressants. L’enseignante de mon groupe abonde dans mon sens et est même repartie avec le premier tome sous le bras pour préparer sa présentation du récit d’épouvante!
À la fin de ma lecture, j’ai remis un questionnaire à mes auditeurs pour connaître leur appréciation générale. Juste un élève sur 25 a plus ou moins aimé le roman. Presque à l’unanimité, ils ont déclaré avoir aimé cette histoire passionnément! Toutefois, à l’unanimité également ils ont avoué de pas avoir eu suffisamment peur!! Quant à moi, je ne dis pas non à afficher des airs encore plus machiavéliques…
Julia Cordier

jeudi 14 avril 2011

Ti-Boutte

TI-BOUTTE
(testé sur des petits humains)

Ti-Boutte, c’est l’ histoire que racontait Mme Bertrand à son fils Martin qui se désespérait de grandir un jour; il voulait, comme bien des enfants, être grand avant le temps. Et comme bien des  parents, elle tenait à lui faire réaliser que parfois la vie de petit a ses avantages…
*****
Quand on m’a demandé de faire la critique du premier conte pour enfants de Janette Bertrand, Ti-Boutte, sorti le 28 septembre dernier, j’ai senti une pointe de subjectivité grandir en moi. Que voulez-vous, j’ai beau être Québécoise d’adoption seulement, je suis moi aussi tombée sous son charme et, parce que je sais combien je l’admire, j’ai décidé d’aller tester le conte directement à la source! C’est ainsi que j’ai pris rendez-vous avec une ribambelle de petites têtes curieuses âgées entre 4 et 5 ans, pures de ne pas avoir été encore contaminées par l’amour que propage cette grande dame…

Mes p’tits curieux bien installés, le conte bien en vue, le voyage commence.  Comme je le pressentais,  le titre ne leur semble  pas d’emblée signifier grand-chose :
C’est quoi un Ti-Boutte? me demande une des auditrices
Un Ti-Boutte, c’est quelqu’un ou quelque chose de tout-petit (AHHHH! général…)
Une fois cette curiosité assouvie, devant la mine stupéfaite de leurs éducatrices, nous avons assisté à un silence presque total du début à la fin. Des fesses sagement à leur place, des yeux attentifs et gourmands et des petites bouches ouvertes uniquement pour s’exclamer :
Oh! Non, pauvre Ti-Boutte
C’est triste, hein?
—Il aime mieux ça être petit, Ti-Boutte, hein?
—J’veux voir, j’veux voir!...

Cette histoire les a définitivement conquis!

Elle vient toucher en plein cœur petits et grands. Magnifiquement illustrée, des couleurs vibrantes, des personnages attachants oscillant entre fantaisie et réalisme. Et bien sûr, un thème central qui ouvre la porte à de très belles discussions avec nos petits amours, le soir avant de les laisser s’abandonner à Morphée…

Julia Cordier

NB : Ma petite dernière a 5 ans aujourd’hui. Bien sûr elle a un Ti-Boutte à son chevet depuis plus d’une semaine. Les yeux encore tout plein de dodo, elle me dit :
Moi, maman, j’ai pas hâte de grandir, c’est correct 5 ans, hein?

C’est ben ben correct!!....
Ti-Boutte
Textes de Janette Bertrand
Illustrations de Caroline Merola
«Une collaboration entre deux femmes artistes, deux femmes mères, deux femmes bien enracinées dans la vie»
Collection Taxi des  Éditions de la Bagnole,  particulièrement fières.
44 p.»21,95 $
ISBN » 978-2-923342-46-7
Dimension » 24,5 cm x 24,5 cm
Année de parution » 28 septembre 2010

mardi 1 mars 2011

Léo et les presqu'îles


Par critik Fannie Carpentier
Faire la lecture à ses enfants restera toujours une des plus belles façons d’entrer dans leur univers. En partageant une histoire qui nourrira leur imaginaire, on s’offre le même voyage.
C’est pourquoi je ne suis pas très attirée par les livres narrés sur disque. J’ai l’impression de laisser au narrateur la plus belle partie, celle qui nous rapproche de l’enfant en écoute. Maintenant, en lisant moi-même Léo et les presqu’îles j’ai dû utiliser mes talents d’animatrice afin de capter l’attention de mes filles de 7 et 10 ans. Elles étaient intéressées mais c’est qu’elle est longue cette histoire! Il y a beaucoup de description mais, quand les dialogues prennent place, la fable s’en trouve dynamisée. Le parallèle avec les doigts de la main permet aux enfants de se repérer, d’avoir une référence concrète du chemin parcouru. En conclusion, la lecture, grâce à ce concept et parce qu’elle est appuyée par de jolies images, a été finalement très agréable. La concentration et l’imagination ont été au rendez-vous.
Seconde étape : l’écoute du cd. La narration assurée par Pascale Buissière est impeccable et les voix des personnages sont colorées. Presque suffisamment  pour que je regrette ce que je vous ai écrit précédemment et que je passe le flambeau à ces lecteurs sur disque... presque. Les chansons n’ont peut-être pas accroché mes deux fans des Trois accords et de Marie-Mai mais, je sais qu’il y a quelques années, elles les auraient chantées autant qu’Un trésor dans mon jardin!
Léo et les presqu’îles constitue un charmant cadeau à offrir à un enfant de 4 à 6 ans, surtout si la vie sous-marine et la mer l’interpelle. Jusqu’à ce jour, les livres de la maison d’édition La montagne secrète ont trouvé une place de choix dans la bibliothèque de mes lectrices passionnées. À vous de les accueillir dans la vôtre!
Critik Julia Cordier

  http://vimeo.com/15664361
http://www.lamontagnesecrete.com/CPELeoetlespresquiles
Le 19 octobre de l’an passé, les éditions de la Montagne secrète nous présentaient  Léo et les presqu’îles, une fable signée une fois de plus Gilles Vigneault. Ce livre-disque,  offre une kyrielle impressionnante de collaborateurs tels que Pascale Bussières, Fred Pellerin, Diane Dufresne, Robert Charlebois, Claude Gauthier, Clémence DesRochers, Pierre Flynn et Edith Butler.
Pour un vendredi plus animé, je suis donc allée présenter à mon jeune public (âgés de 5 à 6 ans), l’aventure de Léo, un  jeune fils de pêcheur disparu en mer et prêt à conquérir le monde afin de suivre ses traces.
Tout comme Léo, nous avons exploré une à une les presqu’îles, passage obligé pour ce jeune apprenti-pêcheur désirant, tout comme son père, partir Au loin sur la mer (Diane Dufresne). À chacune des presqu’îles, Léo fera la connaissance de personnages haut en couleur, tous anciennement sauvés par son père et qui l’aideront à réaliser son rêve. Il apprendra ainsi le pouvoir de l’entraide et de la reconnaissance.
L’histoire, un peu longue par endroit pour mon jeune public m’aura poussée, à travers la narration,  à les initier à l’univers de la pêche afin de démystifier des termes qui leur étaient totalement inconnus tels que le mât, l’ancre et la voile. La pêche n’étant pas un thème très exploité dans le milieu de la Petite Enfance, cette initiation leur a fait découvrir un tout nouvel univers des plus passionnants. Et les chansons au rythme très accrocheur les ont transportés jusque dans leurs chaumières…Je me surprends moi-même à fredonner parfois :
 Mailles à terre, Mailles à l’eau, c’est la vie du matelot!